Que deviennent les vêtements que l’on dépose dans une benne Le Relais ?

Elodie visite le Relais
Elodie visite le Relais

A force de vous inciter à recycler vos vêtements, je me devais d’aller voir de plus près ce qui était fait de vos dons une fois qu’ils étaient mis dans la benne ” le Relais”.

Grâce à l’association “Versailles Zéro déchet”, nous avons eu la chance de visiter le Relais “Val de Seine”. Il existe 28 unités comme celles-ci en France. Celle du Val de Seine emploie une centaine de salariés. L’association Le Relais.org compte fin 2019, 2200 employés.

1- Le Relais et sa philosophie

Ce réseau a été créé en 1984, près de Béthune, avec comme devise: ” ici, nous ne donnons rien si ce n’est du travail !” Chacun des salariés reçoit la même prime de résultat en fin d’année. Aussi chaque bénéfice dégagé est réinvesti dans un but socio-économique.

Il y a en France un conteneur pour 2000 habitants, les vêtements sont pris en charge en fonction de la fréquence de remplissage des bennes. “A certains endroits, les bennes ” Le Relais” doivent même être vidées chaque jour !

Le Relais
Qui veut un chapeau ?

2- Comment est fait le tri ? à la chaîne et sur table

Dans le centre de tri que nous avons visité à Chanteloup les Vignes, 18 tonnes de vêtements sont triées chaque jour.

Au 1er maillon de la chaîne, il y a des personnes qui s’occupent du “craquage des sacs”.

Ce qui est le plus redouté, ce sont:

Les vêtements non mis dans des sacs: La personne qui s’occupe de la relève doit les ramasser par terre et les mettre dans des sacs pour les transporter. Les vêtements qui prennent la pluie, ne sèchent pas et de ce fait, ne peuvent pas être mélangés avec les autres. Ils sont donc directement jetés.

Les sacs qui sont trop difficiles à ouvrir: plus le sac est fin, mieux c’est. Les sacs quels qu’ils soient, seront tous jetés à la poubelle.

Tous les objets autre que des vêtements: livres, peluches, jouets, et même le matériel électrique ou électronique ! Un grand conteneur est destiné à la collecte de ces autres catégories d’objets, qui sont ensuite re-dispatchés au mieux. Les jouets sont envoyés chez Rejoué par exemple.

Sur la chaîne, les femmes doivent trier le plus rapidement possible selon les catégories:

  • la catégorie appelée “sélection” est représentée par les vêtements les meilleurs: neufs avec étiquettes et/ou de marque
  • tous les lainages sont regroupés ensemble
  • les jeans ensemble
  • les vestes ensemble, etc…

Les textiles qui n’ont pas pu être triés et qui restent sur la fin du tapis s’appelle le “mêlé”. Il partira dans une des succursales du relais en Afrique ( Burkina Faso, Sénégal et Madagascar). Aucun vêtement n’est nettoyé ou réparé. Deux employés sont chargés de la confection de balles de vêtements à l’aide d’une presse.

jeans Le Relais

Un autre tri se fait sur table pour la maroquinerie et les chaussures.

3- Que deviennent les TCM ( Textile, chaussures et maroquinerie) triés ?

– 60% des vêtements triés sont revendus

Une fois les vêtements triés par catégories, par saison (été ou hiver) et par genre (homme, femme, enfant), ils sont mis en carton pour aller dans les magasins du Relais: Ding Fring.

Chaque magasin Ding Fring est indépendant pour acheter le stock dont il a besoin. Au bout de 15 jours, les invendus reviennent dans l’entreprise le Relais. Ils peuvent être ensuite achetés par les forains qui les revendent sur les marchés.

– 25% sont récupérés pour leur matière première

Les matières en coton qui ne seront pas revendues sont recyclées chez Métisse en une gamme d’isolation thermique et acoustique pour le bâtiment.

isolant Métisse Le Relais
Exemple d’isolant Métisse

– 10% des vêtements deviennent des chiffons d’essuyage

– 5% des produits deviennent du combustible essentiellement pour les cimenteries.

4- D’autres associations récupèrent les textiles

Les chaussettes orphelines

Sur le même principe que le Relais, il faut connaître l’ Association des Chaussettesorphelines. Installée dans le quartier de la Goutte d’ Or à Paris 18ème , la styliste Marcia de Carvalho récupère toutes les chaussettes possibles et inimaginables. Celles-ci sont triées par couleur et par texture, par le personnel de la société de réinsertion “Espérance”. Cela réduit l’opération de teinture qui est consommatrice de beaucoup d’eau et de produits chimiques. Le fil de chaque chaussette est ensuite récupéré, et c’est à ce moment là que le travail de la styliste intervient pour créer de nouvelles chaussettes ou bien même d’autres textiles.

La cravate solidaire

La cravate solidaire est une autre association qui récupère tous les vêtements nécessaires pour répondre aux codes vestimentaires du monde de l’entreprise: costumes, tailleurs, chaussures, cravates, foulards et autres accessoires, etc… Fondée en 2012, la cravate solidaire a, début 2020, une dizaine d’antennes dans les grandes villes Françaises et même en Belgique ! On peut ainsi déposer ses vêtements dans ces succursales ou bien profiter d’un entretien de 2H avec une conseillère en image pour un relooking professionnel.

La visite de ce centre Le Relais a été très instructive pour moi et tous les participants qui étaient là. Comme le disait à juste titre une personne: ” en étant informé de ce que deviennent les vêtements, on a de plus en plus envie de les donner. Cela efface nos peurs que nos vêtements pourraient être mal réemployés.”

A force de recycler nos vêtements, on parviendra peut-être à éradiquer la mode du “prêt-à-jeter”. Alors, vous aussi, vous êtes convaincues maintenant ? Partagez votre ressenti en commentaire…

Si vous préférez écouter cet article en podcast, alors c’est ici:

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